Accueil » En Europe, En France

Ouvrez la bouche et dites AAA

30 mai 2010 1 213 views 4 commentaires

Vendredi, l’Espagne  s’est fait rabrouer comme un élève en difficulté par l’agence de notation Fitch qui attribue désormais à la dette publique espagnole la note de AA+, contre un triple A jusqu’à présent. Pour l’Espagne, la conséquence directe est que les obligations d’état devront proposer un taux d’intérêt plus attractif pour séduire les investisseurs. Et seront donc plus onéreuses pour l’Etat espagnol.

Olé

L’Espagne paie une situation économique très délicate. Ce n’est pas tant la capacité actuelle de l’Etat espagnol à rembourser que sa capacité future  à le faire qui est remise en cause. La dette espagnole flambe, elle a pris plus de 25 points de PIB en deux ans (67% du PIB de dette publique en 2009 contre 42% en 2007), le taux de chômage frise avec les 20% de la population active et la dette privée, entreprises et ménages, crèvent des plafonds. Bref, l’Espagne est au bord de la déroute financière. C’est en tout cas ce que pensent de nombreux investisseurs. Pour beaucoup, cette mise en garde contre l’Espagne appartient à un vaste plan visant à faire plonger l’euro par ses points faibles. Après la Grèce, voici venu le tour de l’Espagne, quand le Portugal devrait passer à la casserole dans les prochaines semaines.

En Espagne comme en France, les oppositions politiques – de couleurs différentes dans les deux pays -  jouent sur du velours, critiquant les plans d’austérité qui accompagnent les efforts pour réduire la dette publique.

La valse des politiques

Conséquence inattendue, ou plutôt inespérée de cette défiance vis-à-vis de plusieurs pays membres de la zone euro, les dettes allemandes et françaises sont, semble-t-il, très demandées. Sur le marché des obligations, qui dépend comme tous les marchés de la loi de l’offre et de la demande, cela signifie que la France et l’Allemagne peuvent emprunter de l’argent moins cher. Aujourd’hui le taux proposé par la France est de l’ordre de 2,9%, contre 3,5% il y a encore quelques semaines.

Cette situation va-t-elle durer ? On peut en douter. François Baroin, le ministre du budget et maire de Troyes… A?, vient de confier à l’émission de Canal Plus « Dimanche + , (visible en cliquant sur le lien précédent, regarder la deuxième partie, après la 8ème minute) propos repris par le JDD,  que « L’objectif du maintien de la note AAA est un objectif qui est tendu et qui est un objectif qui conditionne pour partie les politiques d’économie que l’on souhaite avoir ». Et quand on confie quelque chose à un émission regardée par plusieurs centaines de milliers de personnes, c’est que l’on souhaite que cela se sache. Alors erreur de communication ? Interprétation hasardeuse de ces propos ? Ou bien  anticipation de temps plus difficiles ?

Ce n’est pas tant une préparation psychologique à l’affaissement de la note de la dette française qu’une préparation des esprits aux sacrifices qui devront être réalisés pour rétablir un semblant d’équilibre budgétaire. Après avoir vanté les mérites de la relance par les dépenses publiques et l’endettement il y a un an, le gouvernement fait machine arrière en mettant en avant l’orthodoxie budgétaire comme gage de sa bonne gouvernance. Depuis le début de la crise financière immobilière américaine, les Etats n’en sont plus à un paradoxe près pour justifier leurs choix très déroutants.

 

 

4 Tweets

4 commentaires »

Laissez votre message !

Rédigez votre message ci-dessous ou créez un rétrolien depuis votre propre site web. Vous pouvez aussi suivre les réponses via le flux RSS.

Additional comments powered by BackType

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes