Crise de la dette ? Une solution, la procrastination

Le gouvernement français vient d’annoncer un objectif de retour à l’équilibre budgétaire à l’horizon de l’année 2018. En la matière, les gouvernements se succèdent et se ressemblent. Ils cherchent à combiner deux objectifs inconciliables : leur propre réélection et la mise en place de mesures contre les déficits publics qui gangrènent notre économie et obèrent notre avenir. Pour parvenir à ce que ces deux objectifs se rejoignent, les responsables politiques changent d’horizon temporel. Un objectif sera poursuivi à court terme, c’est généralement la réélection, le second à plus long terme, généralement quelques années après la prochaine élection majeure. Ainsi, les apparences sont sauves et l’entreprise de conservation du pouvoir en ligne de mire. En cas de défaite aux élections, la patate chaude est redonnée aux opposants alors majoritaires. Quod erat demonstrandum.

Une balle dans le pied

Remettre à demain donc les choses les plus urgentes, et se garder les plus faciles pour aujourd’hui, voilà qui ne relève pas de la bonne gestion. A force de se fermer les yeux, les pays européens, notamment, se retrouvent dans des situations inextricables qui devraient les obliger à couper massivement dans les dépenses publiques à et augmenter fortement les niveaux d’imposition. Las, ce n’est généralement pas ce qui se passe. La sainte Croissance est attendue comme un Messie, et avec elle l’amélioration des fondamentaux économiques sans avoir besoin de prendre des mesures trop massivement impopulaires. Drogués à la croissance, les yeux rivés sur la progression du PIB, dont on sait tout de même qu’il n’est qu’un indicateur informel, uniquement quantitatif, nous attendons la reprise économique à intervalles réguliers. Comme Sœur Anne, nous ne voyons actuellement rien venir. Et peut-être pour longtemps. La croissance est partie sur des terrains plus fertiles, l’Asie, le Brésil, qui évoluent, innovent, pensent à l’avenir comme le lendemain d’aujourd’hui. A contrario, l’Europe semble engoncée dans ces indécisions politiques, ses conservatismes divers pour mesurer l’importance de préparer l’avenir dès aujourd’hui en cessant de remettre à demain les décisions les plus urgentes car ayant le plus d’impact sur la vie de nos concitoyens.