Quatre années d’histoire de la dette sous Nicolas Sarkozy

On fête, on célèbre, on analyse, on critique, c’est selon, le bilan de quatre années de présidence de Nicolas Sarkozy en ce début de joli mois de mai. Les contempteurs contre les thuriféraires s’acharnent à défendre ou à attaquer. C’est la loi de la politique et aussi son plus grand obstacle pour toucher les cœurs puisque selon son camp de départ on le trouvera riche ou misérable.En 2007, les animateurs de la campagne de Nicolas Sarkoy évoquaient les objectifs du candidat dans l’Express : « A la différence de tous les projets politiques antérieurs, le projet de Nicolas Sarkozy se fixe en effet explicitement l’objectif de ramener la dette publique à 60% du PIB en 2012 par rapport à son niveau attendu en 2007 et le déficit public à moins d’1,5% du PIB en 2012″.

Regardons, du point de vue de l’endettement public, le bilan de Nicolas Sarkozy. Le président de la République peut être jugé sur les années 2008, 2009 et 2010. Quel est le résultat ? Un graphique peut nous y aider.

Si on prend pour base 100 l’année du premier exercice budgétaire plein, cela donne les résultats suivants. Les données sont issues des statistiques de l’INSEE. Elles reprennent la dette publique dans son ensemble : Etat, administrations centrales, locales et organismes de sécurité sociale. A noter que ces données sont difficiles à rassembler et à comparer en raison de changements de bases. Pour les données démographiques, les chiffres concernent la France (y compris les DOM).

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Le résultat parle de lui-même : plus de 270 milliards d’euros de dette sur les trois premières années pleines de présidence. La crise économique est passée par là : la mutualisation des dettes et la privatisation des profits également.

Comparons maintenant avec le bilan des trois premières années des deux mandats de Jacques Chirac. La dette augmente aussi de manière notable mais dans une moindre proportion : +14% lors du second mandat, +10% lors du premier.

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Ce que l’on peut en déduire. La dette publique ne fait, hélas, l’objet d’aucun consensus politique dans notre pays. Dans les discours, il est bien vu de vouloir la réduire, la contraindre, la compenser. Dans les actes, cela semble beaucoup plus difficile.

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Par manque de courage ? Peut-être. C’est pourtant la principale qualité des politique que les citoyens devraient exiger. Le fardeau de la dette gangrène notre société, nourrit les disparités de revenus entre ceux qui peuvent acheter cette dette et s’enrichir grâce aux intérêts versés par l’Etat et ceux qui ne le peuvent ou ne le veulent pas. Elle expose notamment notre pays, puisqu’elle est détenue à hauteur de 70% par des non-résidents, à être sous la coupe d’intérêts non-nationaux. C’est là que devrait être l’enjeu majeur de l’élection présidentielle qui s’annonce. Aucun des candidats à la candidature actuellement en lice n’en parle pourtant sérieusement, ce qui écorne largement, pour ceux qui sont sensibles à cette thématique, leur crédibilité pour l’accès à la fonction suprême.

Mikaël Cabon

http://www.dailymotion.com/video/x1oodd

Sur cette vidéo mise en ligne par l’UMP, Pierre Lellouche de dénoncer l’insupportable dette publique : « 18.000 euros pour chaque bébé, le deuxième budget de la nation, ce n’est pas tenable ». On peut également aujourd’hui lui retourner la question.