Plafond de la dette américaine, un suspense dont on connaît la fin

(Maj le 01/08/20111. Comme on pouvait s’y attendre un accord vient d’être annoncé par Barak Obama). Quand la politique américaine emprunte à Hollywood. Les parlementaires américains éprouvent les plus grandes difficultés à trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette budgétaire. Comme pour jouer à se faire peur, il est rappelé à chaque fois que le sujet est mis sur la table qu’un défaut de paiement des USA sèmerait la tempête dans la finance internationale. Comme pour justifier de leurs fonctions, de hauts dirigeants appellent les USA à trouver une solution. Et comme on le sait déjà d’avance, un accord sera trouvé avant le 2 août. La notion de plafond de dette, dont l’idée est intéressante sur le plan théorique, montre ici qu’elle est inopérable et totalement décrédibilisée dans la pratique. Quand un plafond devient plancher, c’est que l’on marche sur la tête.

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Une araignée au plafond

Or, le tout n’est qu’une farce, une aventure de Columbo dont on connaît déjà la fin. A la différence de la série policière, le scénario n’est même pas original. C’est le même que les oppositions politiques américaines ressortent à l’envi. Car la situation n’est pas nouvelle. La dernière fois que ce plafond a été relevé date de février 2010. A chaque fois, comme c’est le cas pour le vote du budget et du paiement des fonctionnaires, un accord de consensus est trouvé. En général, c’est celui qui tient le plus durement sa position qui réussit à conserver un certain avantage. A un an de l’élection présidentielle US, on comprend mieux l’intransigeance des Républicains. C’est sans compter que l’opinion américaine se fiche royalement de ce plafond. Dans un pays, où vivre avec quatre cartes de crédit est monnaie courante, la question de la dette est accessoire. Pour financer leur consommation, les Américains ont sous-traité la gestion de leurs déficits et chargé des pays créditeurs d’éponger leurs déséquilibres rampants.

Créancière de près de 10% du montant de la dette, la Chine appartient à cette catégorie.

 

Un colosses aux pieds de glaise

Si la Chine appelle les Américains à plus de retenue, la situation sert pourtant ses propres intérêts. Certes, l’empire du milieu paie cher cette mise sous tutelle financière de l’empire américain, mais cela lui permet de disposer d’un outil technique, d’un levier d’influence considérable sur la politique américaine.

Au final, après la crise des subprimes, crise du crédit privé attribué à tout va, dont découle en partie la crise de la dette américaine, les Américains contaminent le monde de leurs déficits toxiques (1). C’est un peu moins nocif en apparence qu’un nuage radioactif, cela n’est pas dit que cela fasse moins de morts.

 

1. La fausse urgence avec laquelle se saisit le Président de la République de la question de la dette publique française après l’avoir laissé dévier pendant son mandat participe, à moindre échelle, à cette même pression sur le marché de l’emploi, dévastateur sur le plan des salaires et des équilibres sociaux.

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