Hausse des impôts. Les riches veulent passer à la caisse, les pauvres à la casserole ?

C’est un sentiment étrange qui m’envahit quand je vois des personnes fortunées réclamer une fiscalité plus forte sur leur propre fortune. Quand il s’agit de Warren Buffet qui a montré l’exemple de la charité privée aux Etats-Unis en répondant positivement à l’appel de Bill Gates pour donner une large part de sa fortune, le propos a de la valeur. Quand il s’agit de deux pauvres-riches français qui redécouvrent la valeur de la solidarité financière, c’est plus étonnant.

Il existe plusieurs raisons de se méfier d’une proposition qui se présente sous l’apparence bienveillante de la générosité, et plusieurs raisons de penser que cela n’est pas la solution.

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Les raisons de la méfiance

Leur nombre. Ils sont peu nombreux à proposer cette mesure. Maurice Lévy en fait partie. Le dirigeant de Publicis, propriété partielle d’Elisabeth Badinter, appartient au courant social du patronat. Il pourra vite compter ses troupes dans les jours à venir. Ces mêmes riches qui peinent à répondre positivement à Bill Gates dans son appel à donner la moitié de sa fortune, se trouveraient ainsi absous de leurs fautes. Image de prévisualisation YouTube

La technique. Pour l’heure, on ne fait que parler, pas agir sur cette idée. Techniquement, comment cela peut-il se monter ? A partir de combien on est riche ? Sur quelles bases ? De manière temporaire ou définitive ?

L’impossibilité du don. Un article de Rue89 présente une enquête d’un journaliste qui demande aux services de l’Etat s’il est possible de verser de l’argent à l’Etat. Là où le Trésor américain dispose d’un compte pay-pal pour recevoir les contributions, que l’on imagine néanmoins modestes, en France, l’idée que quelqu’un veuille verser de l’argent à l’Etat sans y être obligé apparaît tellement incongru que les fonctionnaires ne sont pas au courant de cette possibilité.

L’impact financier. Taxer les personnes dont les revenus sont supérieurs à un million d’euros pourrait rapporter 500 millions d’euros à l’année, contre un déficit 200 fois plus important, 200 fois oui, oui. Cela s’appelle une goutte d’eau. Il paraît que ce sont elles qui font les ruisseaux qui font les rivières qui font les fleuves qui font la mer.

Le principe même. Il est impossible de présenter sous la forme de la charité ou de la solidarité, un acte rendu obligatoire par la loi. En France quand on paie ses impôts, on ne peut se prévaloir de charité. C’est un devoir et un droit, encadrés par la loi. Pour la charité, on peut donner son temps, son argent, son influence, son matériel à des associations.

L’idée même de l’impôt. Le taux de prélèvement obligatoire en France s’établit à 54%. Cela ne suffit-il pas ? Pourquoi créer de nouvelles taxes, même sur les riches ? Quand comprendra-t-on que plutôt que la masse de dépenses publiques, c’est son efficacité qui importe. Sur la politique de l’emploi, l’échec est patent malgré les sommes phénoménales engagées sur ce terrain.

L’idée derrière la hausse de l’impôt sur les riches. Il est politiquement difficile de faire passer des hausses d’impôts générales en France aujourd’hui sans commencer, au moins symboliquement, par les plus riches. Il s’agit alors ici d’une préparation des esprits à cette hausse générale. Quand les plus riches auront payé quelques % d’impôts de plus, il sera plus facile de faire payer aux classes moyennes, quelques dixièmes de % de plus, et à l’ensemble de la population une hausse de la TVA. 

Quelle solutions alors ?

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